Mes outils de développeur web en 2026
En février 2016, je publiais sur mon blog un billet intitulé « Les applications indispensables ». C'était le premier épisode d'une rubrique baptisée Apps Of The Month, et j'y alignais tout ce qui me semblait essentiel pour, je cite, « commencer votre vie informatique avec une longueur d'avance » : Discord alors en accès anticipé, que je présentais comme le remplaçant de TeamSpeak, Skype, Brackets, l'éditeur d'Adobe et sa Live Preview, Notepad++, la suite Piriform avec CCleaner et Defraggler, et même Netflix, Waze et Runtastic. Dix ans plus tard, j'ai relu cette liste avant d'écrire celle-ci. Le constat est brutal, et plutôt instructif.
Ce que 2016 recommandait, et ce qu'il en reste
Commençons par les morts. Brackets, l'éditeur que je mettais en avant pour sa prévisualisation en direct, a été abandonné par Adobe le 1er septembre 2021, avec un message invitant tout le monde à migrer vers VS Code. Skype, que je décrivais comme « ce géant de la communication » installé d'office avec Windows 10, a été éteint par Microsoft en mai 2025 au profit de Teams. CCleaner existe encore, mais Piriform a été racheté par Avast en 2017, et la même année une version compromise de CCleaner a servi à distribuer un logiciel malveillant à des millions d'utilisateurs. Quant à Defraggler, la généralisation des SSD a rendu son argument central inutile : on ne défragmente pas un SSD.
Il y a aussi des survivants. Discord a largement dépassé le public des joueurs auquel je le destinais. VLC lit toujours tout, gratuitement. Notepad++ continue son chemin, imperturbable. Waze roule toujours sous pavillon Google. Mais le bilan est clair : en dix ans, la moitié de ma liste « indispensable » a disparu ou changé de mains. Ça calme, quand on s'apprête à en écrire une nouvelle.
L'éditeur
En 2016, j'écrivais mon HTML dans Brackets et j'ouvrais tout le reste dans Notepad++. En 2026, mon éditeur principal est PhpStorm. Un IDE complet de JetBrains, qui comprend le projet entier plutôt que le fichier ouvert : navigation dans le code, refactorings sûrs, inspection continue, le tout au service de projets PHP qui doivent durer. L'ironie ne m'échappe pas : Brackets, l'éditeur moderne d'un grand éditeur de logiciels, est mort, tandis que l'IDE payant que personne ne trouvait excitant a tenu la distance. Et une seule police partout, JetBrains Mono, celle de l'IDE : nette en petites tailles, avec des ligatures qui restent discrètes.
La machine
Détail amusant du billet de 2016 : j'y précisais « ne possédant pas Linux ni un Mac » avant de parler de Windows Media Player. Dix ans plus tard, je suis resté fidèle à Windows, en version 11, mais avec WSL : un vrai Linux intégré au système, dans lequel vivent les projets. Le confort de Windows au quotidien, et un environnement de développement aligné sur les serveurs de production, ce qui élimine toute une catégorie de surprises au déploiement.
Le reste du bureau : un clavier mécanique et deux écrans, le code sur l'un, le site en cours et les logs sur l'autre.
Autour du code
Je ne vais pas refaire ici la liste des technologies, la page stack et outils s'en charge déjà avec les raisons de chaque choix. Ce billet, c'est le reste : les outils qui entourent le code.
GitHub héberge tout, et l'intégration continue se lance à chaque commit, pas quand j'y pense. Docker garantit le même environnement partout, de ma machine à la production. Pour les images du site, tout passe par un pipeline Imagick, jamais GD, qui décale les couleurs et étiquette mal certains AVIF. Et pour les statistiques de visite, une analytique auto-hébergée et sans cookie, la même que celle qui tourne sur ce site : des chiffres utiles, sans bandeau de consentement à justifier.
Design, gestion, photo
Un développeur indépendant ne vit pas que dans son éditeur, et c'est là que la liste de 2016, tournée vers le grand public, ne m'aide plus du tout.
Pour les maquettes et le travail visuel, je suis resté fidèle à la suite Adobe : Illustrator pour le vectoriel et les identités, Photoshop pour le reste. C'est le prolongement direct de mes années de création graphique, et mes astuces Illustrator de 2016 servent toujours.
Pour développer les RAW côté photographie : Lightroom Classic. Un catalogue unique, des années de retouches versionnées, et une passerelle naturelle vers Photoshop quand une image demande plus.
Pour les devis, les factures et la comptabilité d'indépendant : Accountable. Une application belge pensée pour les indépendants, qui suit la TVA et les échéances sans que j'aie à entretenir un tableur.
Pour naviguer et tester : Chrome, Firefox et Edge. Le trio suffit à vérifier qu'un site se comporte pareil d'un navigateur à l'autre avant d'être livré.
Et la question que tout le monde pose en 2026, celle de l'IA : Claude Code tourne chez moi au quotidien, en binôme de programmation, pour la génération de code et le refactoring. Pas pour écrire à ma place, pour taper plus vite ce que j'ai déjà décidé. J'y reviendrai dans un billet dédié.
Ce que dix ans d'outils m'ont appris
Relire le billet de 2016 m'a laissé une règle simple : les applications passent, les formats et les habitudes restent. Brackets est mort, mais le HTML que j'y écrivais s'ouvre partout. Skype est mort, mes contacts ont suivi. Mes projets, eux, vivent dans Git, du texte brut qui me suivra sur n'importe quelle machine pendant les dix prochaines années.
Alors mon critère de choix a changé. En 2016, je cherchais la nouveauté du mois. En 2026, je choisis des outils éprouvés et je les garde longtemps. Moins d'applications, mieux maîtrisées. Les technologies elles-mêmes, avec les raisons de chaque choix, vivent sur ma page stack et outils, et contrairement à la liste de 2016, celle-là, je la maintiens.